19 juillet 2018

Ils ont les boules !


C’est un trou de verdure à deux pas de la gare
Où le soleil ardent, quelle que soit la saison,
De ses rais acérés car il n’est pas avare
Combat le jour en vain toute une frondaison.

Souvent pour s’amuser des hommes de tous âges
Venaient passer le temps près du chemin de fer
Les jours de canicule, à l’abri du feuillage
Le jeunot boutonneux aussi l’octogénaire.

Avec dans chaque main la boule de pétanque
Ils pistaient du regard le globe en acier
Que venait de lancer un ami pas un branque
Avec application droit vers le cochonnet.

De cette activité, le maire a pris ombrage
Et c’est sans coup férir qu’un jour il décida
De défoncer ce lieu, véritable carnage
Funeste dédicace pour un nouveau mandat.

Adieu les coups de boule au revoir les carreaux
Plus jamais les pointeurs viendront biberonner
Plus le papy replet ne viendra tout penaud
Embrasser sa Fanny, modeste camouflet.

Sacrilège meurtrier, si on coffre un voleur
Pour piller un butin de bien peu de valeur,
Combien de beignes, de baffes, de tapes de coups aux fesses
Mérite-t-il ce maire pour tant de maladresses.

Keskim Foulat

Nb : merci à Arthur Rimbaud, Charles Baudelaire et Pierre de Ronsard qui à titre posthume ont partagé cette indignation.

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