23 avril 2014

Non seulement je suis le plus beau mais aussi le meilleur (ou vice versa)

Le numéro 420 d’avril 2014 du « Maisons-Alfort, le Magazine de votre ville »  (édité sous les auspices de Bygmalion )  qui devrait être un mensuel relatant sereinement et objectivement la vie communale de notre ville, est devenu le panégyrique de Michel Herbillon… Pas moins de 23 pages sur 39 sont consacrées à l’éloge dithyrambe du Grand Timonier maisonnais ! Ceci n’est pas sans rappeler le culte de la personnalité pratiqué par des personnages illustres mais controversés certes  tels Nicolae Ceaucescu, Mao Zedong, Kim Jung Il, Kim Jung Un… et d'autres...

Les pages 10 & 11 sont consacrées à un hommage personnalisé aux « sortants », maires-adjoints et conseillers municipaux de la majorité municipale sur quasiment deux pages avec deux photos. Par contre les conseillers municipaux sortants de l’opposition n’ont droit qu’aux remerciements  groupés sur un douzième de page… sans photo naturellement et en prime avec une « pique » en page 36  sur leur manque d'assiduité. Mais commentons quelques statistiques des finances communales exposées dans ce magazine.

  • Page 13, dépenses de fonctionnement :
Bravo à l’équipe sortante, sur les 178 plus grandes communes  de France, Maisons-Alfort  est la deuxième commune la moins  dépensière. Ces dépenses ont même diminué de 3,76 % entre 2007 et 2012.

  • Page 14, endettement :
Bravo à l’équipe sortante, sur les 178 plus grandes communes  de France, Maisons-Alfort  est la huitième commune la moins  endettée. L’endettement a même diminué de 12,66 %

  • Page 16, taxe d’habitation & taxe foncière :
Les bar graphs donnés dans cette page sont biaisés. En effet ils ne relatent que les taux de calcul des taxes sans tenir compte des assiettes. En réalité ce qui importe pour le contribuable maisonnais ce sont les taxes réellement facturées. Et là la réalité est différente. La commune de Maisons-Alfort n’est, en matière de montant de taxe d’habitation par habitant, que 108ème sur les 178 plus grosses communes en France et 35ème sur les 49 plus grosses communes de la région parisienne. C’est beaucoup moins glorieux ! Reconnaissons par contre qu’en matière de montant de taxe foncière par habitant, notre commune est mieux classée puisqu’elle est 5ème sur les 49 plus grosses communes de la région parisienne. Ceci grâce en particulier au fait heureux que notre commune ne fasse pas partie d’une communauté d’agglomération de commune, système qui au départ est censé rationnaliser les dépenses mais qui dans la réalité est plus dispendieux !

  • Page 21, investissements :
Selon le magazine d’avril 72 millions d’Euros ont été consacrés en 6 ans aux dépenses d’investissement. Ce qui correspond à une dépense d’investissement moyenne annuelle par habitants (référence 53 168 habitants) de 225 €. Les statistiques publiées par la Direction Générale des Collectivités Locales (DGCL) donnent un montant de 148 €. Il y a discordance entre ces chiffres. Si on prend en compte le chiffre de  148 €, Maisons-Alfort est la commune qui investit le moins parmi les 178 plus grosses communes de France. Faut-il s’en réjouir ? Non si on se réfère au montant de la taxe d’habitation qui place Maisons-Alfort au 108ème rang des communes les moins taxées…

Il y a dans les comptes officiel de notre commune des incongruités apparentes entre le montant des investissements, les frais de fonctionnement, l’endettement et de la taxe d’habitation. La taxe d’habitation est relativement élevée alors que les dépenses de fonctionnement et d’investissement sont faibles. Pourquoi ? L’endettement est faible soit, mais pourtant on voit partout des travaux importants se réaliser dans la commune : le stade Delaune, la place de l’Echiquier, l’éclairage public, la rue Marc Sangnier, les bords de Marne, Les Juilliottes, les marchés du Centre et de Charentonneau… Ou alors on a fait appel au PPP, Partenariat-Public-Privé, système qui confie le financement et la réalisation des investissements publics (comme c’est par exemple le cas à Maisons-Alfort pour les travaux de réhabilitation des marchés). Le PPP est une solution de facilité pour alléger l’endettement et les dépenses d’investissement mais qui à long terme coûte beaucoup plus cher au contribuable. Mais cela n’apparait pas dans les élogieuses statistiques du « Magazine de notre ville » !

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