17 novembre 2005

Les trois autocrates

Pour les trois autocrates qui gèrent nos cités,
Il est un exercice, un passage obligé :
C’est dresser un bilan à la mi-mandature,
Une occasion pour eux de prendre la posture.

Ils passent en revue, même si parfois on ment,
Tout ce qui contribue à l’embellissement.
Leur seule vérité, c’est de couvrir d’un voile,
Ce qui doit être la substantifique moelle.
Face à leurs électeurs, ils s’auto-congratulent
Déploient leurs biscotos, enflent comme des hercules.
Ils étalent à la une quelques futilités,
Qu’ils érigent en modèle d’efficacité,
Et en illusionnistes, ils arborent une main,
Mais de l’autre escamotent les sous d’un tour de main.

Vivre près d’un grand bois de nos jours se mérite,
Mais quelques uns voudraient y dresser des guérites.
A Charenton le Pont, le pâle Brétillon,
Dans le bois de Vincennes, chasse les sauvageons.
Interdire à Reuilly quelques festivités
Est sa quête du Graal, c’est sa célébrité.
Ce cerbère efflanqué court après les donzelles
Pour les mettre au piquet, pas pour la bagatelle.
Ces déesses de l’amour, au moins pour les novices,
Sont plus utiles au vert qu’à Fleury-Mérogis.

La suractivité d’un jeune sénateur
Exige au bercail sommeil réparateur.
Epier ses sujets grâce à la vidéo,
Garantit à Cambon quiétude dans son dodo.
Mais si furtivement une insomnie s’installe
Qu’une panne survient sur la couche et qu’il cale
Il pourra visionner les enregistrements
Pour pallier ses absences dues au relâchement.

A Alfort des notables, comble de l’infamie,
S’adonnent au délit et à la calomnie,
Tels de vils négriers oppriment leurs employés
Ou diffament certains de leurs administrés.
Par leur ténacité de modestes manants,
De braves maisonnais pour sûr entreprenants,
Se disent d’Herbillon, que faire le couillon
Pourrait bien lui valoir de prendre le bouillon.
Le monarque d’Alfort doit être bien fâché
Qu’elle soit démodée la lettre de cachet.

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